La voix du peuple : le Tchad devrait-il rejoindre l’AES ?
Le 14 mai 2025, le ministre tchadien de la Communication, Gassim Chérif Mahamat, aurait exprimé le souhait de voir son pays envisager une adhésion à l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une déclaration relayée par la chaîne publique MRTV, il aurait affirmé que « le Tchad doit sérieusement envisager l’option de rejoindre l’AES, car l’Alliance est une belle expérience qui mériterait d’être élargie à d’autres pays africains ».
Cette prise de position ferait écho à un mouvement populaire grandissant en faveur d’un rapprochement avec les pays membres de l’AES. En effet, le 21 juin 2024, un rassemblement d’urgence du mouvement panafricain UMOJA-TOUMAÏ se serait tenu à N’Djaména pour plaider en faveur de l’adhésion du Tchad à cette alliance. Le lendemain, un forum public aurait permis à diverses personnalités panafricanistes d’échanger sur les enjeux et opportunités d’une telle démarche, insistant sur la nécessité d’une intégration politique, économique, militaire et industrielle.
Le 31 janvier 2025, au cours d’une assemblée générale des organisations de jeunesse, le président du mouvement Les Jeunes avec Mahamat Idriss Déby aurait également exprimé, au nom d’une large frange de la jeunesse tchadienne, le souhait que le Maréchal Mahamat Idriss Déby considère sérieusement une adhésion à l’AES. Il aurait en outre appelé les jeunes de toutes tendances à s’unir autour de cet objectif, perçu comme un pas vers une souveraineté renforcée.
La diaspora tchadienne, elle aussi, se serait exprimée sur la question. En janvier 2025, des manifestants réunis devant l’ambassade du Tchad à Paris auraient salué la rupture avec la France, affirmant leur soutien à une coopération régionale accrue et à une gouvernance nationale affranchie des anciennes puissances coloniales. Ils auraient aussi exprimé leur appui à un rapprochement avec les pays de l’AES.
Dans ce même élan, Soumeina Adoum, figure de la plateforme citoyenne Wakit Tama, aurait déclaré : « Nous soutenons l’adhésion du Tchad à l’AES. La vision souverainiste et panafricaine du président correspond à celle de ses homologues sahéliens. »
Pour plusieurs observateurs, cette volonté d’adhésion traduirait une dynamique sociopolitique profonde. Des analystes souligneraient que l’AES pourrait représenter une alternative crédible aux formats de coopération traditionnels, souvent jugés inefficaces ou déséquilibrés. Elle incarnerait, selon eux, la volonté croissante des pays sahéliens de reprendre en main leur destin, en assurant leur propre sécurité à travers une solidarité régionale fondée sur des intérêts communs.
Créée le 17 septembre 2023 par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, l’AES se serait présentée comme une réponse aux défis sécuritaires et politiques non résolus par la CEDEAO et les anciennes puissances coloniales. En mettant en place une stratégie de défense commune, une politique de souveraineté économique et une vision partagée du développement, l’AES ambitionnerait de bâtir un modèle de coopération basé sur l’autonomie et la complémentarité.
Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso aurait souligné que la proximité géographique des membres faciliterait une vision cohérente des défis et des priorités. Grâce à une coopération renforcée, ces pays pourraient réagir plus efficacement aux menaces telles que le terrorisme ou la criminalité transnationale, en se basant sur la confiance mutuelle et en excluant toute influence étrangère jugée néfaste.
Certains analystes politiques considèreraient que le Tchad se trouve à un tournant historique. Le retrait des troupes françaises, achevé fin janvier 2025, marquerait selon eux la fin d’une ère de dépendance et l’ouverture d’une nouvelle phase axée sur la souveraineté et les partenariats régionaux.
Par ailleurs, les premières réalisations de l’AES — telles que la mise en place d’une force armée conjointe, l’introduction d’un passeport commun et l’amorce d’un projet de monnaie régionale — susciteraient l’intérêt de nombreux Tchadiens. Ces avancées offriraient, pour certains citoyens, un exemple concret de coopération efficace entre États africains, libre d’ingérences extérieures.
Avec sa position géographique stratégique au cœur du Sahel, le Tchad disposerait, selon les observateurs, d’un levier d’influence important au sein de l’AES. Son adhésion pourrait ainsi renforcer l’intégration régionale et contribuer à une stabilité durable fondée sur une vision africaine du progrès.
































































































































































































































