Masra : l’ironique supplication à Macron qui fait vaciller la souveraineté tchadienne
C’est un appel qui fait grincer des dents. Les avocats de Dr Succès Masra, président du parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre, ont sollicité l’intervention du président français Emmanuel Macron pour obtenir la libération de leur client, détenu depuis le 16 mai 2025 pour excitation à la haine et implication présumée dans le drame de Mandakao.
Mais cette démarche, au-delà du geste juridique, soulève une profonde contradiction. Comment des acteurs politiques qui se réclament du changement, de la souveraineté populaire et de la libération du peuple peuvent-ils, dans le même souffle, appeler une puissance étrangère à s’immiscer dans les affaires judiciaires d’un État souverain ?
L’image est troublante : on s’insurge contre une prétendue injustice, tout en appelant à l’ingérence étrangère. Le discours de rupture tant prôné se heurte à la réalité d’une dépendance assumée, voire revendiquée. Cette attitude, perçue par certains comme une forme de renoncement à l’indépendance nationale, vient fragiliser davantage la posture politique d’une opposition qui prétend incarner l’espoir.
Il est légitime de défendre les droits d’un client, mais à quel prix ? Le peuple, que l’on veut tant “libérer”, mérite aussi qu’on respecte ses institutions – même imparfaites – et qu’on renforce sa souveraineté, plutôt que de la troquer contre un appel à Paris.
Une contradiction de plus dans une opposition en quête de cohérence.



































































































































































































































