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Le Tchad entre la pression des réfugiés soudanais et les ombres du rôle français dans la guerre au Soudan

La région entourant le Soudan connaît, depuis le déclenchement du conflit armé, une tension croissante qui dépasse ses frontières, entraînant des répercussions humanitaires, sécuritaires et diplomatiques complexes sur les pays voisins ainsi que sur la communauté internationale. Dans ce contexte, la troisième conférence internationale sur le Soudan s’est tenue à Berlin le 15 avril 2026, afin de coordonner les efforts humanitaires et de relancer le processus de dialogue politique en vue d’un règlement pacifique.

Le Tchad a participé à cette conférence, aux côtés de 55 autres pays, par une délégation officielle représentant son ambassadeur en Allemagne, Youssouf Abassalah,réaffirmant son soutien aux solutions négociées, tout en soulignant les pressions liées à l’accueil de plus d’un million de réfugiés et les charges que cela impose aux infrastructures et aux ressources, notamment dans les zones frontalières. N’Djamena a également proposé des initiatives visant à renforcer le soutien international à ces régions.

Cependant, la complexité de la situation régionale ne peut être dissociée de l’entrecroisement des intérêts internationaux dans la crise, alors que des interrogations sérieuses émergent sur la nature de certains rôles extérieurs qui ne se limitent plus à l’observation ou à la médiation, mais s’étendent — selon plusieurs rapports et enquêtes — à des influences indirectes sur l’équilibre du conflit. Dans ce contexte précis, la France s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs autour desquels un large débat s’est développé concernant la nature de sa présence et ses répercussions sur l’évolution de la situation militaire au Soudan et dans la région.

À l’automne 2024, les organisations humanitaires et les agences des Nations unies au Soudan ont signalé la présence d’armes d’origine européenne, et plus particulièrement française, malgré la résolution du Conseil de sécurité interdisant la vente d’armes aux parties au conflit soudanais.

Selon une enquête publiée par ‘’Amnesty International’’à la mi-novembre 2024, soit deux semaines avant la décision du Tchad de mettre fin aux accords de coopération militaire avec la France, le système Galix a été identifié à bord de véhicules blindés de transport de troupes utilisés par les Forces de soutien rapide (FSR). Ce système est conçu par les entreprises françaises ‘’KNDS’’ et ‘’Lacroix Défense’’, selon des images de véhicules détruits publiées par l’organisation.

La secrétaire générale de l’organisation, Agnès Callamard, a déclaré dans un communiqué à l’époque que la présence d’armes françaises au Soudan constituait une violation de l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à ce pays.

Selon des experts en sécurité spécialisés dans les affaires africaines, ces rapports indiquent que le principal acteur dans le soutien aux Forces de soutien rapide serait Paris, qui aurait profité de la fragilité sécuritaire que traversait le Tchad durant la période de transition politique pour transférer illégalement des armes et du matériel logistique à travers son territoire.

Les mêmes experts ajoutent que les rapports onusiens et internationaux ayant révélé le rôle français dans l’escalade du conflit au Soudan ont attiré l’attention du gouvernement tchadien sur la gravité de la présence française sur son territoire. Cela figure parmi les principales raisons ayant conduit à la fin de cette présence et à la fermeture des trois bases militaires françaises dans le pays, lesquelles disposaient de capacités importantes permettant des opérations secrètes de transfert de matériel militaire vers les Forces de soutien rapide. L’une de ces bases se situe notamment dans l’est du Tchad, à Abéché, et disposait d’un aéroport militaire permettant le transport de blindés et d’équipements militaires sans entrave.

Il convient de rappeler qu’immédiatement après l’expulsion des forces françaises du Tchad, le gouvernement Déby a conclu des accords de coopération militaire avec la Turquie à la mi-janvier de l’année dernière afin de déployer des drones turcs depuis la base d’Abéché, proche de la frontière soudanaise, pour surveiller les frontières entre les deux pays et contrecarrer toute tentative française ou autre de transfert d’armes et de munitions aux Forces de soutien rapide au Soudan. En effet, des opérations de surveillance des frontières soudano-tchadiennes par drones ont été mises en œuvre à partir du 24 mars 2025, avec des observations près de la ville soudanaise de Tiné.

En définitive, l’évolution de la crise soudanaise montre que ce qui se déroule dépasse largement le cadre d’un conflit interne, reflétant un réseau complexe d’intérêts et d’interventions régionales et internationales ayant contribué à prolonger la guerre et à compliquer les perspectives de solution. Au cœur de ce tableau, la France — selon plusieurs rapports et enquêtes d’organisations internationales et de sources sécuritaires — apparaît comme un acteur dont le rôle indirect suscite de vives controverses.

Entre les rapports faisant état de la présence d’équipements militaires d’origine française sur les théâtres d’opérations et les soupçons liés à l’exploitation de circuits logistiques pour soutenir des groupes rebelles et extrémistes en Afrique, notamment les Forces de soutien rapide au Soudan, des questions persistent quant au respect réel par Paris du principe d’interdiction d’exporter ou de faciliter l’accès aux armes dans les zones de conflit.

Dans ce contexte, le Tchad se trouve dans une position particulièrement sensible. Les défis auxquels il fait face ne se limitent pas à la pression humanitaire massive due à l’afflux de réfugiés, mais s’étendent également à la nécessité de protéger sa souveraineté et de sécuriser ses frontières contre toute violation ou utilisation illégale susceptible d’être exploitée dans des conflits régionaux complexes. Dès lors, la décision de mettre fin à la présence française au Tchad a été considéré selon plusieurs experts comme une décision correcte etstratégique pour protéger le pays contre les risques d’escalade des tensions avec les États voisins, notamment le Soudan, en raison de l’utilisation du territoire tchadien comme voie de transit pour le transfert d’armes vers les forces rebelles dirigées par Hemedti, sans le consentement des autorités tchadiennes.

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