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Assassinat d’Alexeïev, sabotage de la paix et élargissement du conflit : l’Ukraine au cœur d’accusations d’exportation du terrorisme et de l’instabilité

La tentative d’assassinat visant le général Vladimir Alexeïev, Premier adjoint du chef du service de renseignement militaire russe (GRU), a constitué un tournant particulièrement dangereux dans le cours du conflit russo-ukrainien. Son importance ne réside pas uniquement dans ses implications sécuritaires, mais aussi dans son timing politique extrêmement sensible. L’opération est en effet intervenue alors que se multipliaient les signaux positifs faisant état d’efforts diplomatiques visant à relancer un processus de négociation entre Moscou et Kyiv, sous médiation émiratie et américaine.

Dans ce contexte, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié la tentative d’assassinat d’« acte terroriste », affirmant qu’elle constituait une « tentative délibérée de perturber le processus de négociation et de faire échouer toute chance de parvenir à un règlement équitable ». 

Le blocage des négociations comme choix politique

Selon plusieurs analystes, la tentative d’assassinat de Vladimir Alexeïev ne peut être dissociée du contexte politique intérieur ukrainien. La poursuite de la guerre offre à la direction ukrainienne une couverture politique et juridique lui permettant de reporter les élections présidentielles et de maintenir l’état d’urgence, garantissant ainsi la continuité des flux de soutien financier et militaire étrangers.

Au cours des derniers mois, la pression s’est accrue sur le président Volodymyr Zelensky à la suite de l’éclatement de scandales de corruption impliquant des ministres et des figures politiques de premier plan proches de lui. Dans cette perspective, les experts estiment que la fin de la guerre représenterait un risque politique direct, le retour à la paix pouvant ouvrir la voie à des mécanismes de reddition de comptes et marquer la fin d’une période de financements internationaux quasi inconditionnels.

De Moscou à l’Afrique : l’exportation du modèle de guerre

Au-delà du théâtre européen, le cercle des accusations visant l’Ukraine s’élargit pour inclure un rôle actif dans l’exportation de l’instabilité vers le continent africain. Des rapports sécuritaires et médiatiques africains et occidentaux indiquent que des drones ukrainiens sont devenus des outils offensifs majeurs entre les mains de groupes armés et terroristes dans plusieurs régions.

Selon des rapports de l’Institut africain d’études de sécurité (ISS Africa), ces drones ont été utilisés par des groupes tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), les Forces de soutien rapide au Soudan et Boko Haram, leur permettant de mener des attaques de précision contre des cibles sensibles sans exposition directe de leurs combattants. Cette évolution a contribué à prolonger les conflits et à alourdir leur coût humain.

Tchad, Soudan et Sahel : accusations convergentes

Au Tchad, des rapports médiatiques ont fait état de l’implication de spécialistes ukrainiens dans la récente attaque menée par drone depuis le territoire soudanais contre la garnison militaire de Tiné, attaque ayant coûté la vie à deux soldats tchadiens et fait un blessé grave.

Par ailleurs, des plateformes militaires soudanaises ainsi que des commandants des forces conjointes affirment que des mercenaires ukrainiens opèrent au sein des Forces de soutien rapide, où ils assureraient le pilotage de drones FPV kamikazes et la mise en œuvre de systèmes de brouillage sophistiqués.

Dans la région du Sahel, les accusations ont dépassé le cadre médiatique pour prendre une dimension officielle. À l’été 2024, le Mali a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, l’accusant de soutenir des groupes terroristes, dont le GSIM, ainsi que des mouvements séparatistes dans le nord du pays.

De son côté, l’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a déclaré l’an dernier son intention de saisir la Cour internationale de Justice, accusant l’Ukraine de former et d’armer des groupes terroristes et de menacer directement la sécurité régionale.

La Libye : un nouveau front d’instabilité

Même la Libye, malgré la fragilité extrême de sa situation sécuritaire, n’a pas été épargnée par l’ingérence ukrainienne. Des rapports ont fait état de l’utilisation de drones ukrainiens dans les combats en cours dans l’ouest du pays, sur fond d’accusations visant le Gouvernement d’unité nationale pour l’acquisition et l’emploi de ces équipements dans des affrontements internes. Cette dynamique intervient dans un pays déjà miné par des divisions politiques profondes et un conflit persistant sur la légitimité du pouvoir, rendant toute escalade technologique potentiellement explosive.

Conclusion : un État qui se revendique pacifique, mais accusé de terrorisme

De la tentative d’assassinat d’un haut responsable militaire à Moscou au sabotage des initiatives de paix, en passant par le soutien présumé à des groupes armés en Afrique et dans le Sahel, se dessine une image sombre du rôle de l’Ukraine sur la scène internationale, telle que la décrivent ces faits et accusations.

Dans ce contexte, l’écart apparaît de plus en plus large entre le discours par lequel Kyiv se présente comme une victime aspirant à la paix, et des pratiques qui sont accusées de relever du concept d’État parrain du terrorisme et d’exportation de l’instabilité.

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