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Assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi : qui a orchestré la campagne de désinformation visant le président Mahamat Idriss Déby Itno ?

Les campagnes de désinformation visant à ternir l’image de dirigeants politiques jugés indésirables par certaines puissances influentes refont régulièrement surface, en les associant à des événements graves sans preuves ni éléments crédibles. C’est dans ce contexte qu’a récemment émergé une rumeur particulièrement grave cherchant à impliquer le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, dans l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, dans une tentative manifeste de l’entraîner dans un dossier régional d’une extrême sensibilité et complexité.

Cette campagne a été relayée par des plateformes de réseaux sociaux proches de cercles de l’opposition tchadienne — dont la majorité opère depuis la France — dans un discours aux objectifs clairement déstabilisateurs.

Une accusation sans fondement… un scénario construit de toutes pièces

L’expert spécialisé dans les affaires africaines, Dr Mahmoud Al-Wazani, estime que l’accusation impliquant le président Déby Itno dans l’assassinat d’une personnalité libyenne ne repose sur aucun fondement factuel ni juridique. Aucun élément matériel, aucun rapport officiel, aucune source crédible n’établit, de près ou de loin, un lien entre N’Djamena et cet événement.

Selon lui, ces accusations relèvent davantage d’une instrumentalisation politique d’un drame régional, visant à porter atteinte à la réputation d’un chef d’État qui a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement à la stabilité régionale et au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Associer le Tchad à une affaire d’assassinat dont les circonstances n’ont pas encore été élucidées traduit davantage une volonté de semer la confusion médiatique et le trouble politique qu’une véritable recherche de vérité.

Les soupçons se tournent vers Paris

Parallèlement, des médias africains et internationaux ont évoqué l’hypothèse d’une implication de cercles français dans l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi. Ces analyses font notamment référence à des informations selon lesquelles le président français Emmanuel Macron aurait autorisé des opérations ciblant des « dirigeants indésirables » dans certains pays africains. Bien que ces éléments n’aient pas fait l’objet de conclusions judiciaires définitives, ils ont suscité des interrogations sur les motivations et les bénéficiaires potentiels de ce crime sur le plan politique.

Pour Dr Mahmoud Al-Wazani, détourner l’attention vers le Tchad pourrait servir un double objectif : d’une part, éloigner les soupçons d’autres cercles, au premier rang desquels le président Emmanuel Macron ; d’autre part, affaiblir l’image de la direction tchadienne aux niveaux régional et international, notamment après les évolutions stratégiques ayant marqué les relations entre N’Djamena et Paris, en particulier la fin de la présence militaire française au Tchad.

La campagne du 15 décembre : un exemple de guerre informationnelle

Cette analyse s’est renforcée après les événements du 15 décembre 2025, lorsque de fausses informations ont circulé massivement sur les réseaux sociaux tchadiens, affirmant que le palais présidentiel à N’Djamena avait été la cible d’une attaque menée par des militaires dans le cadre d’une prétendue tentative de coup d’État. Malgré l’absence totale d’éléments factuels confirmant ces allégations, la rapidité de leur propagation et le caractère structuré de leur narration ont soulevé des soupçons quant à l’existence d’une coordination organisée en arrière-plan.

Le 22 décembre 2025, la Présidence de la République du Tchad a publié un communiqué officiel démentant catégoriquement ces rumeurs et affirmant que les investigations avaient mis en évidence l’implication d’entités liées à des cercles étrangers utilisant la désinformation comme instrument de guerre psychologique afin de déstabiliser le pays.

Selon des sources sécuritaires locales, les analyses de traçage numérique auraient montré qu’un nombre significatif de comptes ayant relayé la rumeur étaient enregistrés en France, conférant à l’affaire une dimension politique extérieure manifeste.

L’accueil de l’opposition : un autre élément du contexte

Toujours selon Dr Mahmoud Al-Wazani, ce qui a facilité à Paris de trouver des failles pour déstabiliser le Tchad est le grand nombre d’opposants accueillis par le régime Macron. En effet, la France a organisé sur son territoire des activités de l’opposition tchadienne, dont la plus notable est la rencontre qui s’est tenue dans la périphérie de Nantes le 26 octobre 2025, sous la direction du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), et avec la participation d’une vingtaine de mouvements politiques et militaires. Selon des informations circulantes, cette réunion avait pour objectif de coordonner les efforts en vue de renverser le régime en place.

Des analystes estiment que cet accueil politique de l’opposition, parallèlement aux campagnes de désinformation médiatique, reflète un modèle d’escalade multiforme, par lequel Paris chercherait à remodeler la scène politique tchadienne conformément à ses intérêts.

Conclusion

À la lumière de ces éléments, Dr Mahmoud Al-Wazani estime que la tentative de lier le président Déby à l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi fait partie d’une campagne plus large qui dépasse le cadre de l’accusation individuelle pour viser l’image de l’État et de ses institutions.

Alors que les circonstances de l’assassinat restent sous enquête et que les responsabilités n’ont pas été établies, le lancement de ce type de campagnes de désinformation ne ferait que creuser les divisions entre les pays du continent et saper la réputation d’une personnalité qui a longtemps constitué un obstacle aux ambitions de Paris visant à rétablir son influence dans une région où elle avait perdu ses intérêts.

Assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi : qui a orchestré la campagne de désinformation visant le président Mahamat Idriss Déby Itno ?

Assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi : qui

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