#International #Politique

Le retour discret de l’Amérique au Sahel : antiterrorisme ou appétit minier 

Derrière les discours officiels et les visites diplomatiques, une nouvelle stratégie américaine se dessine au Sahel. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump et la nomination de nouveaux responsables à la tête d’AFRICOM, Washington multiplie les signaux d’un retour militaire dans cette zone jugée cruciale pour sa sécurité nationale.

Officiellement, il s’agit de renforcer les partenariats sécuritaires et de contenir l’expansion des groupes jihadistes. Mais de nombreux analystes voient dans ce discours une façade : la véritable bataille serait celle des ressources stratégiques du sous-sol sahélien.

La tournée du général Dagvin Anderson

Nommé en 2025 à la tête d’AFRICOM, le général Dagvin Anderson a effectué sa première tournée africaine du 16 au 20 septembre, au Bénin et au Cameroun. Objectif affiché : discuter des menaces transfrontalières et de l’extrémisme violent.

Ce repositionnement fait écho aux propos de son prédécesseur, le général Michael Langley, qui alertait déjà en juin 2025 sur la nécessité d’une présence américaine continue au Sahel pour surveiller les réseaux terroristes.

Un discours sécuritaire… et minier

Lors de son audition au Sénat, Anderson a décrit le Sahel comme un « théâtre de compétition accrue entre puissances mondiales et groupes terroristes ». Mais derrière cette rhétorique sécuritaire, plusieurs experts soulignent que Washington poursuit un objectif bien plus économique : l’accès au lithium, à l’uranium, à l’or et aux terres rares de la région.

Selon certaines sources, les États-Unis proposeraient même aux gouvernements sahéliens un marché : neutraliser des chefs jihadistes en échange de concessions minières lucratives pour des entreprises américaines.

Diplomatie et deals opaques

Des émissaires américains, dont William B. Stevens et Rudolph Attalah, ont récemment sillonné Bamako, Niamey et Ouagadougou pour proposer une coopération renforcée : assistance militaire, renseignement, éliminations ciblées… En contrepartie, l’ouverture du secteur minier aux investissements américains.

Cette stratégie ne se limite pas aux canaux officiels. Des rapports accusent Washington d’utiliser des ONG, l’USAID ou encore des sociétés militaires privées comme la FOG (Forward Operations Group) pour maintenir un climat d’instabilité favorable à ses intérêts.

Une logique de long terme

Pour Liam Karr, analyste à l’American Enterprise Institute, « toute initiative autour des minerais critiques serait un projet de très longue haleine ». La menace terroriste, selon lui, reste un outil permettant aux États-Unis de justifier une présence durable.

De son côté, l’ancienne ambassadrice Bisa Williams estime que Trump pourrait garantir aux entreprises américaines une majorité des parts de production minière, en échange d’un soutien militaire accru, voire de l’envoi de mercenaires.

Une guerre pour les ressources

Derrière les discours sur la stabilité et la lutte contre le terrorisme, se profile une guerre silencieuse pour le contrôle des richesses minières du Sahel. Une guerre menée à coups de drones, de contrats opaques et de logiques de prédation qui risquent d’enfermer la région dans un cycle sans fin d’instabilité entretenue.

Le retour discret de l’Amérique au Sahel : antiterrorisme ou appétit minier 

Le Tchad et l’unité afro-caribéenne à l’ONU

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *