Le retour de la France en Afrique centrale et au Sahel préparerait-il une nouvelle vague de coups d’État ?
Depuis la visite effectuée en mars dernier à Bangui par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a marqué un réchauffement des relations entre la France et la République centrafricaine après plusieurs années de tensions, Paris semblerait avoir engagé une nouvelle phase de repositionnement diplomatique en Afrique centrale.
Cette dynamique concernerait également le Tchad, où les relations franco-tchadiennes auraient retrouvé un nouvel élan à la suite de la visite du président Mahamat Idriss Déby à Paris en début d’année. Plusieurs médias auraient par ailleurs évoqué un éventuel retour des forces françaises sur les bases d’Abéché et de Faya-Largeau, ainsi que la présence d’officiers français au Tchad.
Si la France présenterait ces initiatives comme une volonté de refonder son partenariat avec les États africains, le journaliste d’investigation français Thomas Dietrich en proposerait une lecture différente. Selon lui, Paris ne chercherait pas uniquement à rétablir sa présence militaire et diplomatique, mais poursuivrait une stratégie plus large qui viserait à remodeler les équilibres politiques dans la région.
D’après Thomas Dietrich, cette stratégie concernerait d’abord la République centrafricaine avant de s’étendre au Tchad puis aux États de l’AES. Le rapprochement diplomatique avec Bangui et N’Djamena ainsi que les discussions autour d’un éventuel redéploiement militaire constitueraient, selon son analyse, des moyens plutôt que des objectifs.
Le journaliste affirme également, en se fondant sur des sources qu’il dit proches de la rébellion centrafricaine, qu’une offensive de grande ampleur serait en préparation avec l’appui de plusieurs acteurs régionaux. Il soutient notamment que des contacts auraient été établis entre Noureddine Adam et le général Abdel Fattah al-Burhan, dans le cadre d’une médiation qui aurait impliqué des acteurs français. À ce jour, ces allégations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
Toujours selon Thomas Dietrich, le Tchad pourrait constituer un élément central de cette stratégie en raison de sa position géographique. Il estime que le retour éventuel de la France sur certaines bases militaires répondrait également à des considérations régionales. Il évoque aussi de supposés liens avec certains groupes armés, sans que ces affirmations aient été corroborées par des preuves publiques.
Le journaliste rappelle également que plusieurs médias avaient fait état d’une réunion de responsables de l’opposition politique et armée tchadienne à Nantes en octobre dernier. Selon les sources citées, cette rencontre aurait notamment porté sur la situation régionale. Là encore, ces informations n’ont pas fait l’objet de confirmation officielle.
Dans son analyse, Thomas Dietrich estime que la France chercherait à retrouver son influence traditionnelle en Afrique centrale à travers une stratégie régionale coordonnée. Ces affirmations reposent toutefois sur ses analyses et sur des sources qu’il cite, sans avoir été confirmées par les autorités françaises ou par des éléments indépendants.
Plus largement, ces analyses alimenteraient le débat sur les évolutions diplomatiques et sécuritaires en Afrique centrale. Elles soulèveraient des interrogations sur les conséquences potentielles des recompositions géopolitiques en cours. Pour le Tchad, certains observateurs estiment que toute implication dans des rivalités régionales pourrait fragiliser sa stabilité ainsi que ses relations avec ses voisins. À ce stade, aucune preuve publique ne permet toutefois d’établir les scénarios avancés par Thomas Dietrich comme des faits avérés.
















































































































































































































































