Pourquoi la Procureure adjointe de la CPI s’est-elle rendue au Tchad, et quel serait le lien avec le dossier soudanais ?
La visite de la Procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, à N’Djamena le 6 juillet 2026 intervient dans un contexte régional marqué par plusieurs évolutions diplomatiques. Selon l’expert Mahmoud Al-Sadeq, chercheur en affaires internationales, le choix de cette période ne serait pas anodin et pourrait dépasser le cadre de la coopération judiciaire classique.
Selon Mahmoud Al-Sadeq, cette visite serait intervenue peu après l’engagement par le Mali, le Niger et le Burkina Faso des procédures officielles de retrait du Statut de Rome. L’expert estime que cette évolution représenterait un défi majeur pour la CPI, alors que les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) poursuivraient leur projet de création d’une juridiction africaine compétente en matière de crimes internationaux et de droits de l’homme.
D’après cette analyse, la CPI chercherait à préserver ses relations avec les États africains demeurés parties au Statut de Rome, notamment le Tchad, en raison de sa position stratégique et de son rôle régional. Le dossier soudanais aurait également figuré parmi les principaux sujets abordés lors des échanges.
Mahmoud Al-Sadeq souligne par ailleurs que la CPI a déjà été associée à des accusations visant des responsables tchadiens dans le contexte du conflit au Soudan, à la suite d’une plainte déposée par une organisation soudanaise. Selon lui, cette situation alimenterait les critiques de certains acteurs africains qui reprochent à la Cour une application inégale de la justice internationale.
L’expert estime également que les informations publiées par certains médias concernant une éventuelle reprise de la coopération militaire entre Paris et N’Djamena, notamment autour de la base d’Abéché, pourraient avoir une incidence sur l’évolution du dossier soudanais. Toutefois, ces informations n’ont pas été officiellement confirmées par les autorités concernées.
Selon Mahmoud Al-Sadeq, la récente visite du président tchadien à Abou Dhabi pourrait également s’inscrire dans ce contexte géopolitique. Il avance que les Émirats arabes unis chercheraient à renforcer leur coopération avec le Tchad, une analyse qui relève de son appréciation et qui n’a pas été confirmée officiellement.
Pour l’expert, le Tchad se trouverait aujourd’hui face à un choix diplomatique complexe, entre le maintien de sa coopération avec la CPI, la préservation de sa neutralité dans le conflit soudanais et l’évolution de ses partenariats régionaux et internationaux.
En conclusion, Mahmoud Al-Sadeq estime que les prochains mois pourraient être déterminants pour les relations entre N’Djamena et la CPI. Selon lui, l’évolution de ce dossier dépendrait à la fois des développements du conflit soudanais, des choix diplomatiques du Tchad et des transformations en cours au sein de la justice pénale internationale.
















































































































































































































































